dimanche, mai 17, 2026

Monsieur le Président, l’Est de la RDC n’a pas besoin de charité, mais de souveraineté

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Pendant que les dirigeants s’accusent, que les arrêtés ministériels pleuvent et que les institutions publiques s’enlisent dans des guerres internes, une réalité demeure immuable : la population de l’Est de la République démocratique du Congo continue de payer le prix de la mauvaise gouvernance.

La suspension du directeur général de l’OGEFREM, William Kazumba Mayombo, pour des soupçons de mauvaise gestion et de sorties de fonds opaques, n’est pas un fait divers administratif. Elle est le symptôme d’un système qui détourne l’énergie, les ressources et l’attention de l’État loin de l’essentiel : la vie du peuple congolais.

Or, pendant que 1,6 million de dollars disparaissent sous l’étiquette floue de « fonds secrets de recherche », les routes de l’Est sont impraticables, les paysans sont isolés, les écoles ferment, et les hôpitaux manquent de tout.

L’Est ne meurt pas de faim. Il meurt d’abandon.

Monsieur le Président, il faut le dire avec clarté :

La population de l’Est de la RDC n’a pas besoin d’aides humanitaires.
Elle a besoin de paix, d’infrastructures, d’énergie, d’écoles et d’accès à ses propres richesses.

Les convois alimentaires, les sacs de riz largués par avion, les ONG qui distribuent de la farine tout cela est devenu un business de crise. Cela nourrit les images pour les bailleurs, mais pas la souveraineté du Congo.

Car l’Est du Congo n’est pas un désert.

C’est l’une des terres les plus fertiles d’Afrique.

Un sol volcanique parmi les plus riches du monde

Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri reposent sur un sol volcanique exceptionnel, capable de produire trois récoltes par an. Haricots, maïs, patate douce, manioc, banane, riz : tout pousse vite, tout pousse bien.

Dans ces conditions, une vérité s’impose :

Il est plus rapide, moins coûteux et plus durable de produire localement que d’acheminer de la nourriture par avion.

Chaque dollar mis dans une piste rurale, un centre de stockage, une coopérative agricole ou une petite centrale électrique rapporte dix fois plus que chaque dollar englouti dans la logistique humanitaire.

Mais pour cela, il faut la paix.
Il faut les routes.
Il faut l’électricité.
Il faut la sécurité foncière.
Il faut des écoles pour former des agronomes, des ingénieurs, des commerçants.

La guerre profite à trop de monde

Tant que l’Est reste en crise :
• Les contrats d’urgence se multiplient
• Les fonds spéciaux circulent
• Les marchés de gré à gré prospèrent
• Les ONG remplacent l’État
• Et les populations restent dépendantes

La crise est devenue une économie.

C’est pourquoi la gouvernance des entreprises publiques comme l’OGEFREM n’est pas secondaire : c’est par elles que passent les flux du commerce, de l’import-export, des recettes nationales.

Quand ces institutions deviennent des caisses noires, c’est la capacité du pays à investir dans ses routes, ses ports secs, ses corridors commerciaux qui disparaît.

L’Est n’a pas besoin de sacs de riz. Il a besoin de routes.

Donnez à l’Est :
• une route entre Goma et Kisangani
• une énergie stable
• une sécurité des champs
• un accès aux marchés

Et vous verrez disparaître les files pour l’aide humanitaire.

Le paysan congolais n’est pas paresseux.
La terre congolaise n’est pas pauvre.
Ce qui manque, c’est l’État.

Monsieur le Président, l’histoire vous regarde

Vous avez entre vos mains un choix historique :

Soit continuer à gérer le Congo comme une succession de crises à financer.
Soit bâtir un Congo qui produit, transforme, exporte et nourrit son peuple.

L’Est de la RDC ne demande pas la pitié.
Il demande la paix, la justice et l’investissement.

Et cela commence par une chose simple :

Que chaque dollar public serve à construire le pays pas à entretenir la crise.

Rédaction

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