dimanche, mai 17, 2026

RDC : quand la performance des recettes publiques accompagne le raffermissement du franc congolais

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À fin décembre 2025, les chiffres du Trésor public livrent un signal fort : les recettes publiques mobilisées par l’État congolais ont atteint 28.294,8 milliards de francs congolais, dépassant largement les prévisions du Plan de trésorerie de l’État, arrêtées à 27.401,2 milliards de CDF. Un écart positif de près de 900 milliards de francs qui mérite attention, tant par son ampleur que par le contexte économique dans lequel il s’est produit.

Cette performance budgétaire intervient en effet dans un environnement monétaire singulier, marqué par un raffermissement notable du franc congolais sur le marché des changes. La monnaie nationale s’est appréciée de 1,7 % en rythme mensuel et surtout de 30,7 % en variation annuelle à fin décembre 2025. Un fait suffisamment rare dans l’histoire économique récente du pays pour être souligné.

Traditionnellement, la mobilisation accrue des recettes publiques en RDC est souvent associée à une dépréciation de la monnaie nationale, notamment en raison de l’effet mécanique de la conversion des recettes libellées en devises. Or, la situation observée fin 2025 semble rompre avec ce schéma classique. Elle suggère une meilleure coordination entre les politiques budgétaire et monétaire, mais aussi un effort réel dans la collecte des recettes internes.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette dynamique. D’une part, le renforcement des mécanismes de mobilisation des recettes, combiné à une discipline accrue dans la gestion de la trésorerie publique. D’autre part, une politique monétaire plus restrictive et une gestion plus rigoureuse du marché des changes ont contribué à stabiliser voire à renforcer le franc congolais, améliorant ainsi la confiance des agents économiques.

Cependant, cette embellie ne doit pas masquer les défis structurels persistants. La question centrale demeure celle de la durabilité de cette performance. Le dépassement des assignations budgétaires constitue un signal encourageant, mais il devra se traduire concrètement par une amélioration des services publics, des investissements productifs et un soutien tangible au pouvoir d’achat des ménages.

En définitive, la conjonction d’une mobilisation accrue des recettes publiques et d’une appréciation soutenue de la monnaie nationale ouvre une fenêtre d’opportunité pour l’économie congolaise. Encore faut-il que cette dynamique soit consolidée par des réformes structurelles profondes, afin que ces résultats ne restent pas de simples indicateurs comptables, mais deviennent les fondations d’une croissance inclusive et durable.

Rédaction

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