À Kinshasa, ce mercredi 1ᵉʳ avril 2026, la Première ministre Judith Suminwa a officiellement ouvert les travaux du troisième forum économique Angola–RDC. Un rendez-vous stratégique qui dépasse le simple cadre diplomatique pour s’inscrire dans une ambition plus large : faire de l’intégration régionale un moteur réel de développement.
Dès les premières lignes de son allocution, la cheffe du gouvernement congolais a posé le décor : celui d’une histoire partagée entre deux peuples dont les liens précèdent largement la création des États modernes. Évoquant les héritages du Royaume Kongo et de l’Empire Lunda, elle a rappelé que les relations entre la RDC et l’Angola reposent sur des bases anciennes, marquées par la solidarité, la fraternité et la résilience face aux défis, notamment sécuritaires.
« Bien avant que l’intégration régionale ne devienne un concept économique moderne, elle constituait déjà une réalité vécue par nos peuples », a-t-elle souligné, inscrivant ainsi la coopération actuelle dans une continuité historique.
Une volonté politique affirmée au sommet des États
Cette dynamique s’appuie aujourd’hui sur un engagement politique clair des dirigeants des deux pays. Félix Tshisekedi et João Lourenço ont impulsé une nouvelle ère de partenariat bilatéral, tournée vers l’intégration régionale et la prospérité partagée.Les précédentes éditions du forum, organisées à Kinshasa et à Luanda, ont permis de poser les bases de cette coopération renforcée. Mais pour Judith Suminwa, le temps des déclarations doit désormais céder la place à celui des résultats.
« Ce forum ne doit pas être un rendez-vous de plus dans nos agendas », a-t-elle insisté. « L’intégration régionale ne se mesure pas à l’intensité des discours, mais à la qualité des infrastructures, à la fluidité des échanges et à l’engagement concret des acteurs. »
Le corridor Dilolo–Lobito, colonne vertébrale de l’intégration
Au cœur de son intervention, un projet structurant : le corridor Dilolo–Lobito. Pour la Première ministre, il ne s’agit pas simplement d’un chantier d’infrastructures, mais d’un véritable levier de transformation économique pour toute la sous-région.Ce corridor stratégique vise à relier l’intérieur de la RDC à la côte atlantique angolaise, facilitant ainsi l’exportation des ressources et le développement des chaînes de valeur locales.
« Il peut connecter nos économies, structurer l’industrialisation, favoriser la transformation locale de nos ressources et créer des emplois durables », a-t-elle expliqué.
À travers ce projet, Kinshasa et Luanda ambitionnent de dépasser une logique d’exportation brute des matières premières pour s’engager dans une industrialisation plus intégrée et compétitive.

De la symbolique à l’action
Au-delà des infrastructures, Judith Suminwa a insisté sur la dimension humaine de cette intégration. Pour elle, la coopération entre la RDC et l’Angola ne peut être pleinement effective sans l’implication des femmes et des hommes qui œuvrent pour la paix et l’unité dans la région.
« Cette fraternité n’est pas seulement symbolique, elle est concrète et durable », a-t-elle affirmé, appelant à une mobilisation collective des secteurs public et privé.
Un tournant attendu
Ce troisième forum économique intervient dans un contexte où les attentes sont élevées. Entre ambitions politiques, urgences économiques et défis sécuritaires persistants, la réussite de cette rencontre sera jugée à l’aune des engagements concrets qui en découleront.
En lançant officiellement ces travaux, Judith Suminwa a fixé le cap : transformer une relation historique en un partenariat économique efficace, capable de générer croissance, emplois et stabilité pour les populations des deux pays.
Reste désormais à savoir si les promesses formulées à Kinshasa sauront se traduire en actions tangibles. Car, comme l’a rappelé la Première ministre, l’intégration régionale ne se décrète pas elle se construit.

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