dimanche, mai 17, 2026

Kolwezi sous tension après des affrontements entre creuseurs artisanaux et forces de sécurité

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Kolwezi .Lundi soir, un silence inhabituel s’est abattu sur la ville de Kolwezi, habituellement animée par le va-et-vient incessant des camions miniers et des motos-taxis. Boutiques fermées, écoles désertes, rues presque vides : la cité minière semblait figée, comme suspendue à l’issue d’une crise brutale.

Ce mardi matin, les stigmates des violences restent visibles dans plusieurs quartiers. Des véhicules calcinés et vandalisés jonchent certaines artères. Des magasins ont été pillés et un bureau de police situé au quartier Kakifuluwe, dans la commune de Manika, a été saccagé, témoignant de la violence des affrontements qui ont opposé des creuseurs artisanaux aux forces de sécurité.

Un bilan humain préoccupant

Selon les autorités locales, ces incidents ont fait plusieurs blessés graves et donné lieu à de nombreuses arrestations. Si le calme relatif est revenu, la situation demeure fragile et la peur reste palpable parmi les habitants.

« Nous avons préféré fermer le magasin. Nous avons peur que les troubles reprennent à tout moment », confie un commerçant du centre-ville, encore marqué par les scènes de chaos de la veille.

Un arrêté ministériel à l’origine de la colère

Au cœur de cette crise se trouve un arrêté du ministre des Mines, pris le 19 décembre 2025, qui suspend toutes les unités de traitement des substances minérales issues de l’exploitation artisanale dans la filière cupro-cobaltifère.

Pour de nombreux creuseurs artisanaux, cette décision est perçue comme une mesure brutale et injuste, mettant en péril leur principale source de revenus. Dans une région où des milliers de familles dépendent directement ou indirectement de l’exploitation minière artisanale, l’annonce de cette suspension a rapidement provoqué un mouvement de colère.

Selon des témoins, les affrontements auraient éclaté dès l’aube, lorsque des groupes de creuseurs ont tenté de manifester contre la mise en œuvre de la décision ministérielle.

Présence sécuritaire renforcée

Face aux tensions, les forces de sécurité ont renforcé leur dispositif ce mardi, multipliant patrouilles et contrôles dans les quartiers sensibles afin de prévenir une nouvelle flambée de violences. Mais dans les ruelles de Kolwezi, l’inquiétude persiste.

Les habitants redoutent une reprise des affrontements, dans un climat marqué par la méfiance et l’incompréhension.

Un déficit de communication pointé du doigt

Au-delà des violences, cette crise met en lumière un problème de fond : le manque de communication et de concertation entre les autorités et les exploitants artisanaux. Plusieurs observateurs estiment que les manifestants ne mesurent pas pleinement la portée et les objectifs de l’arrêté ministériel, censé, selon le gouvernement, réorganiser et assainir la filière.

Sans un dialogue clair et inclusif, la contestation sociale pourrait à nouveau dégénérer, avec des conséquences potentiellement plus graves pour la population, l’économie locale et la stabilité sociale de Kolwezi.

Alors que la ville tente de reprendre un semblant de normalité, l’urgence est désormais à l’apaisement, à l’explication et à la recherche de solutions concertées pour éviter que cette crise ne s’enracine durablement.

Rédaction

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