Doudou Fwamba met la SONAL et la régulation financière au cœur de la stratégie de l’État
Le Gouvernement de la République démocratique du Congo passe à la vitesse supérieure dans la réforme du secteur des jeux de hasard et d’argent. Le mardi 16 décembre 2025, le Ministre des Finances, SEM Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présidé une séance de travail stratégique consacrée à l’évaluation de l’état d’avancement de cette réforme, en présence de l’Administrateur directeur général de la Société Nationale de Loterie (SONAL), du délégué du ministère du Portefeuille et des membres du Comité de pilotage de l’UGRJH.
Au centre des échanges figurait le projet de loi relatif aux jeux de hasard et d’argent, actuellement en examen à l’Assemblée nationale. Ce texte constitue la pierre angulaire d’une réforme attendue, visant à mettre fin à la dispersion réglementaire, à renforcer le contrôle public et à mieux capter les flux financiers générés par un secteur en forte expansion.
Reprendre la main sur un secteur à forts enjeux financiers
Le Ministre des Finances a rappelé que cette réforme s’inscrit dans un cadre réglementaire clair, piloté par son ministère conformément aux décisions du Conseil des Ministres. L’objectif est triple :
mieux organiser le secteur, renforcer la mobilisation des recettes domestiques et assurer un contrôle rigoureux des flux financiers, notamment face aux risques de blanchiment d’argent.
Les discussions ont également porté sur l’annulation des effets des notes circulaires du 15 avril 2025, une étape clé pour rétablir la cohérence de l’action publique et sécuriser l’architecture de régulation mise en place par l’État.
Dans un contexte de pression budgétaire et de recherche de nouvelles marges fiscales, le secteur des jeux de hasard apparaît comme un gisement de recettes encore insuffisamment exploité, mais aussi comme un domaine nécessitant une surveillance accrue en raison de ses dérives potentielles.
La SONAL au cœur du dispositif de relance

Autre point majeur abordé : le plan de relance de la SONAL, entreprise publique appelée à jouer un rôle central dans le nouveau dispositif. Le Ministre a annoncé la tenue, en janvier 2026, d’une réunion spécifique consacrée à ce plan, avec pour ambition de renforcer la compétitivité de la SONAL et de l’aligner sur les standards internationaux du secteur.
Cette relance vise à repositionner la société nationale comme un acteur crédible, capable de concurrencer les opérateurs privés, tout en garantissant à l’État une meilleure traçabilité des recettes issues des jeux.
Une réforme à forte portée politique et sociale
Au-delà des considérations financières, la réforme s’inscrit dans les orientations stratégiques du Chef de l’État, le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Elle vise à moraliser le secteur, à lutter contre le blanchiment d’argent, à encadrer les pratiques addictives, et à orienter les ressources générées vers des projets structurants au bénéfice du développement national.
En reprenant le contrôle d’un secteur longtemps marqué par l’informel et la fragmentation réglementaire, le Gouvernement envoie un signal fort : celui d’un État déterminé à élargir l’assiette fiscale, à assainir les activités à risques et à renforcer la souveraineté financière de la RDC.
La réforme des jeux de hasard et d’argent s’annonce ainsi comme un test de crédibilité pour la gouvernance économique, mais aussi comme une opportunité de transformer un secteur sensible en levier durable de recettes et de développement.
Rédaction


