Alors que le groupe panafricain Vodacom, majoritairement détenu par le britannique Vodafone, poursuit son expansion sur le continent, certains marchés émergents jouent un rôle de plus en plus stratégique dans sa performance globale. Aux côtés de l’Égypte, la République démocratique du Congo (RDC) s’impose aujourd’hui comme l’un des piliers de cette croissance.
Au troisième trimestre de l’exercice 2025-2026, Vodacom a démontré que sa stratégie de diversification géographique et sectorielle porte ses fruits, dans un contexte africain pourtant marqué par des tensions inflationnistes et des pressions sur le pouvoir d’achat.
Une croissance portée par l’international
Pour la période close au 31 décembre 2025, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 43,9 milliards de rands (environ 2,3 milliards d’euros), en hausse de 11 % en monnaie constante. Les revenus de services incluant la voix, la data et les services financiers mobiles ont progressé de 12,7 % sur un an.
Derrière cette performance se cache une réalité clé : la croissance de Vodacom est désormais largement tirée par ses activités hors Afrique du Sud, où le marché est devenu mature et plus concurrentiel. Les filiales internationales, notamment en Égypte, en RDC, en Tanzanie, au Mozambique et au Lesotho, constituent désormais le véritable moteur du groupe.
La RDC, pilier discret mais stratégique
Si Vodacom ne publie pas de chiffres détaillés par pays pour toutes ses filiales africaines, le groupe reconnaît que la RDC fait partie des marchés les plus dynamiques du segment international. Ce dernier a enregistré une hausse de 12,6 % des revenus de services, une performance à laquelle la filiale congolaise a contribué de manière significative.
Dans un pays de plus de 100 millions d’habitants, où la pénétration mobile continue de progresser rapidement, Vodacom RDC bénéficie d’un double levier : la croissance du trafic data et l’essor des services financiers mobiles.
Malgré un environnement économique parfois volatil, la filiale congolaise a su maintenir une trajectoire de croissance, portée par l’élargissement de sa base d’abonnés, l’extension de son réseau et la digitalisation accélérée des usages.
Le mobile money, véritable accélérateur de valeur
L’un des principaux moteurs de Vodacom RDC est son positionnement sur le marché du mobile money, via M-Pesa (Vodacash). En RDC, l’argent mobile est devenu un outil central de la vie économique.
Selon les données du régulateur, le pays comptait plus de 24 millions d’abonnés aux services de mobile money à fin mars 2024, contre moins de 9 millions cinq ans plus tôt, soit une croissance d’environ 185 %.
Dans ce marché en pleine explosion, Vodacom occupe une place de premier plan. Les paiements de factures, les transferts d’argent, le paiement des salaires, des taxes et même des frais scolaires passent de plus en plus par les plateformes mobiles. Cette transformation génère des revenus récurrents à forte marge, bien supérieurs à ceux de la téléphonie classique.
Pour le groupe Vodacom, le mobile money est désormais un pilier stratégique, au même titre que la data mobile.
Égypte et RDC : deux piliers complémentaires
Si la RDC joue un rôle croissant, l’Égypte demeure le plus gros contributeur à la croissance internationale du groupe depuis son acquisition fin 2022. Sur le dernier trimestre publié :
• Les revenus de services en Égypte ont bondi de 39 %, atteignant 9,5 milliards de rands
• Les services financiers mobiles y ont progressé de près de 60 %
• L’Égypte représente désormais environ 27,5 % du chiffre d’affaires total du groupe
Mais c’est la combinaison de l’Égypte et des marchés africains à forte croissance comme la RDC qui donne à Vodacom sa solidité actuelle. Ces marchés compensent la croissance plus lente de l’Afrique du Sud, où la concurrence est intense et les marges sous pression.
Une stratégie panafricaine assumée
Vodacom ne cache plus ses ambitions : le groupe vise plus de 260 millions d’abonnés et 120 millions d’utilisateurs de services financiers d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, il mise clairement sur des marchés comme la RDC, où la démographie, l’urbanisation et la digitalisation créent un potentiel considérable.
Avec une population jeune, une bancarisation encore faible mais une adoption rapide du mobile, la RDC offre à Vodacom un terrain de croissance unique pour les télécoms, la data et la finance numérique.
Si l’Égypte capte souvent les projecteurs, la RDC est devenue l’un des moteurs silencieux de la performance de Vodacom. Grâce à la montée en puissance du mobile money, à l’explosion de la data et à une base d’abonnés en forte croissance, la filiale congolaise contribue activement à la résilience et à la trajectoire ascendante du groupe panafricain.
Dans un contexte africain en mutation, Vodacom RDC s’impose désormais comme un actif stratégique majeur pour Vodafone et pour l’avenir du groupe Vodacom.
Rédaction


