dimanche, mai 17, 2026

Ghana en tête : la nouvelle carte de l’or africain

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En 2026,la hiérarchie aurifère africaine a changé de visage, selon le conseil mondial de l’or.Ghana s’impose désormais comme premier producteur du continent, devant le Mali, l’Afrique du Sud et le Burkina Faso. Ce basculement n’est pas anecdotique : il consacre un déplacement profond du centre de gravité minier vers l’Afrique de l’Ouest, au détriment d’un modèle sud-africain longtemps dominant.

Le déclin relatif de l’Afrique du Sud n’est pas une surprise. Ses gisements historiques s’épuisent, les coûts d’exploitation explosent et les contraintes énergétiques fragilisent un secteur autrefois florissant. En face, une nouvelle ceinture aurifère s’affirme, allant du Ghana à la Guinée en passant par le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Ici, les réserves restent compétitives, les projets se multiplient et les capitaux affluent, attirés par des rendements encore élevés.

Mais cette recomposition géographique ne doit pas masquer une réalité plus préoccupante : l’or enrichit les États sans toujours transformer les sociétés. Certes, il soutient la croissance, renforce les exportations et alimente les recettes publiques. Pourtant, ses retombées restent largement insuffisantes. Le secteur industriel, très capitalistique, crée peu d’emplois locaux. Quant à l’orpaillage artisanal, il demeure en grande partie informel, échappant aux circuits fiscaux et exposant des millions de travailleurs à des conditions précaires.

Le paradoxe est là : l’Afrique de l’Ouest devient le cœur battant de la production aurifère mondiale, sans que cet or ne profite pleinement à ses populations. Une part significative de la richesse produite s’évapore, captée par des acteurs extérieurs ou diluée dans des circuits informels. Le risque est clair : reproduire une économie d’enclave, où les ressources quittent le sol sans irriguer durablement le tissu économique local.

Il est donc urgent de repenser la gouvernance du secteur. Cela passe par une meilleure formalisation de l’orpaillage, un renforcement des capacités fiscales, mais aussi par des politiques industrielles ambitieuses : transformation locale, montée en gamme, développement de chaînes de valeur régionales. L’or ne doit plus seulement être extrait ; il doit devenir un levier de développement.

Car au fond, la question n’est pas de savoir qui produit le plus d’or aujourd’hui. Elle est de savoir qui saura, demain, transformer cette richesse en prospérité durable. L’Afrique de l’Ouest tient une opportunité historique. Encore faut-il qu’elle décide d’en faire autre chose qu’un mirage doré.

Rédaction

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